Les artistes sont, surtout depuis les grandes ruptures conceptuelles introduites par Marcel Duchamp, John Cage et
d'autres, ceux qui travaillent sans filet, sans base, ils n'ont plus de normes transcendantes et travaillent l'énonciation même du rapport esthétique. Ils forment le noyau le plus courageux dans
ce rapport de créativité, mais ils ne sont pas seuls : les enfants à l'âge de l'éveil au monde, les psychotiques, les amoureux, les gens qui sont atteints par le sida, les gens qui sont en
train de mourir, etc., sont dans un rapport chaosmique au monde. Les artistes forgent des instruments, fraient des circuits pour pouvoir affronter cette dimension « Qu'est-ce que je fais
là ? Qu'est-ce que c'est que cette planète ? À quoi je peux me raccrocher ? ». À rien de transcendant : tu peux te raccrocher au processus immanent de
créativité.
Le paradigme esthétique, en dehors de la production d'œuvres esthétiques, est quelque chose qui travaille aussi bien
la science que la pédagogie, l'urbanisme, la médecine ou la psychiatrie, parce que c'est cette méthodologie même, cette méthodologie existentielle, cette micropolitique existentielle qui est
élaborée, travaillée, creusée par cette perspective esthétique. »
Félix Guattari





Noville/Mehaigne, 100x200, adhésif sur acétate, 2006
Liège, 120x120x3000, bois peint, 2006
Braine-l'Alleud, 60x130x130, bois peint, 2007
La Louvière, 100x100x100, bois ciré, 2007
Nivelles, intégration au tribunal de la jeunesse, adhésif, 2011
Thuin, diamètre=400, nylon, polyéthylène, 2011
Erehwon, 40x40x1500, bois peint, 2011
Rebecq, 40x30x30 (chaque pièce), aluminium riveté, 2011